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Aux premières heures du 18 décembre, trois drones explosifs ont détruit le dépôt du Centre national d’équipement (CNE), situé juste à l’ouest de l’aéroport international de Port-au-Prince et à l’est de Cité Soleil, le plus grand bidonville de la capitale.
Le CNE, qui stockait et exploitait les bulldozers, niveleuses, pelleteuses, grues et autres équipements d’infrastructure de l’État haïtien, a été officiellement fermé le 2 septembre 2024 par le gouvernement du Premier ministre de facto Garry Conille et le Conseil présidentiel de transition (CPT).

Ces machines auraient été transférées sous la garde des Forces armées d’Haïti (FAd’H), mais la plupart d’entre elles n’ont jamais quitté le dépôt.
Bien que le CNE soit situé dans une zone contrôlée par Viv Ansanm (Vivre Ensemble), une coalition regroupant des groupes armés des quartiers pauvres d’Haïti, il n’a jamais été envahi, vandalisé, attaqué ou pillé par ces groupes.

Il semblait donc absurde, voire inconcevable, que le gouvernement haïtien détruise ses propres équipements, essentiels à la reconstruction, à l’entretien et à l’amélioration des infrastructures nationales, déjà rares et délabrées.


L’actuel Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé, a engagé, pour des millions de dollars, une soi-disant « force opérationnelle » de mercenaires étrangers employés par Vectus International, la société d’Erik Prince, pour mener, depuis mars 2025, des dizaines d’attaques de drones qui ont tué des centaines de civils haïtiens innocents.
Le mois dernier, les mercenaires de Prince, en collaboration avec la Police nationale d’Haïti (PNH) et les Forces armées d’Haïti (FAd’H), ont mené une opération d’envergure à Croix-des-Bouquets, où ils ont largué des bombes depuis trois hélicoptères appartenant à Prince sur une usine de production de drogue appartenant à la famille Apaid. Les groupes locaux Viv Ansanm, qui avaient mené une descente et révélé l’existence illégale de l’usine la semaine précédente, ont abattu l’un des hélicoptères et capturé jusqu’à nos jours cinq mercenaires.

Viv Ansanm, ainsi que de nombreux observateurs, ont affirmé que les mercenaires tentaient de détruire les preuves des activités illégales de l’usine, comme ils l’auraient fait lors du bombardement du CNE.
Dans l’après-midi du 18 décembre, la PNH, les FAd’H et la « force opérationnelle », ainsi que des troupes de la Force de suppression des gangs (GSF) mise en place par les États-Unis, ont mené une opération d’envergure, avec des colonnes de véhicules blindés, dans les quartiers de Pernier, Torcelle, Tabarre et Croix-des-Bouquets, en périphérie de la capitale. Ils ont déclaré cibler le groupe affilié à Viv Ansanm, Kraze Barye, dirigé par Vitel’homme Innocent, pour la capture duquel Washington offre une récompense de 2 millions de dollars.











