La peur règne en Haïti et également aux Etats-Unis, la plus grande puissance occidentale. Les actions tyranniques de l’actuel gouvernement américain, qui se prend pour le gendarme de la planète, sont tout sauf nobles. Les Haïtiens ne doivent pas ignorer qu’ils font partie intégrante de tous les pays que le diable impérialiste, l’empire du mal, tient sur sa liste, non seulement pour des effets néfastes de déstabilisation, mais aussi pour tenter de les effacer de la carte du monde. Alors, pourquoi Haïti, se demandent plus d’un ? Si nous sommes déjà sous leur domination et que nous ne représentons aucun danger pour leurs intérêts. De plus, aucune solution satisfaisante n’a été trouvée aux principaux problèmes auxquels nous sommes confrontés.
Dans leur Stratégie Nationale de Défense, ce n’est pas à nous de décider si nous sommes un danger ou pas. C’est à eux de juger s’ils se sentent à l’aise ou sous le poids d’une quelconque menace de notre part. N’est-ce pas le moment idéal pour affirmer que l’empire ne nous a jamais pardonné d’avoir ruiné son commerce favori, la traite négrière dérivée du système esclavagiste ? Depuis, il souhaite le pire châtiment à Haïti, même en termes de crimes contre l’humanité.
Le monstre impérial n’a pas d’amis. En Haïti, il n’y a que des soumis, des laquais qui le nomment souvent « pays amis ». Pour beaucoup de ces vautours locaux, issus de la classe politique traditionnelle et de la bourgeoisie d’affaires, tout va pour le mieux. Ils se moquent du cadavre de leur pays, tant qu’ils parviennent à s’approprier quelques os laissés par les États-Unis, la France et le Canada ; ces puissances occidentales et leurs multinationales qui ont placé le profit au-dessus de la vie humaine. L’impérialisme ne saurait résoudre aucun des problèmes d’un pays qu’il enfonce dans le sous-développement et dont il brade ses richesses. Lorsque les capitalistes occidentaux ont classé les gangs en Haïti comme « terroristes », certains naïfs locaux, ou du moins des ignorants, ont été incapables de discerner ou de comprendre le jeu macabre de l’empire, agissant sur les conseils de son allié, le président de la République dominicaine, Luis Abinader.
Les renégats ou agents au service de l’ennemi ont applaudi, sans savoir qu’ils en paieraient eux aussi le prix fort. Tellement ravis, ils ont été incapables de développer un esprit critique pour se demander : que complote l’impérialisme par cette déclaration ? Depuis quand Haïti est-elle l’amie des États-Unis, pour que nous croyions que tout ce qu’ils disent est pour notre bien ? Même les insultes qu’ils nous lancent ont été bien accueillies, comme si tout ce que le colonisateur dit à son esclave était la vérité absolue ? Les élites dirigeantes haïtiennes sont tellement soumises à l’impérialisme qu’elles ne peuvent pas remettre en question les États-Unis. Elles n’osent même pas demander à Trump pourquoi il ne désigne pas les nombreux gangs américains ou dominicains et ceux d’autres pays touchés par ce fléau comme organisations terroristes, mais seulement les nôtres ? Elles sont tellement aveugles qu’elles n’ont pas vu qu’il s’agissait d’un véritable complot visant à mettre Haïti à genoux.
Vous voyez bien maintenant, les gangs n’étaient qu’un prétexte ; ils ne sont pas les véritables cibles. Quiconque, pour une raison ou une autre, exprime une opinion différente de la politique américaine est sanctionné et accusé sans aucune preuve de collaboration avec des terroristes. Les charlatans ont fournit à l’impérialisme une arme non seulement pour les combattre, mais aussi pour dénigrer la nation. D’une certaine manière, ils contribuent au sabotage du pays par les États-Unis en imposant au peuple la volonté d’une petite minorité qui cherche à violer le droit de la majorité populaire à diriger les destinées de son pays. Aujourd’hui, l’impérialisme ne connaît ni alliés ni ennemis. Washington est à la base de tous les conflits éclatant en allumant partout le feu de la guerre. Il n’a aucune gêne à attaquer tout le monde pour satisfaire son appétit insatiable. S’il convoite des territoires, il peut s’emparer de n’importe quelle partie du monde, par exemple l’île de la Navase en Haïti et Guantanamo à Cuba.
S’il a soif de pétrole, il peut décider du sort de n’importe quel pays, comme il a tenté de le faire en Irak et plus récemment son agression criminelle au Venezuela. Aucun pays n’est à l’abri, à moins de posséder les moyens de se défendre. Pire encore, si vous êtes dans les Amériques, sous la doctrine Monroe, rebaptisée aujourd’hui doctrine Donroe, vous n’êtes à ses yeux qu’un petit poisson qu’il peut avaler à sa guise. L’impérialisme vient d’humilier le Venezuela, que dit Haïti ? Rien ! Il menace Cuba, la Colombie, le Mexique et l’Iran. Il promet de déplacer de la bande de Gaza pour les expédier ailleurs tous les Palestiniens qui y habitent afin d’y planter des projets immobiliers. Même le Canada qui l’a pourtant servi de sous-impérialiste n’est pas épargné.
L’impérialisme américain attaque son propre peuple dans une guerre sans merci sous prétexte d’immigration. Tout le monde a peur ! L’Europe se démène pour éviter de tomber dans le piège américain. Le Groenland en est la preuve tangible. Si l’avenir du monde se joue aux États-Unis, quel sort attend Haïti ? Là où l’aigle étoilé détient depuis longtemps la majeure partie de nos ressources entre ses serres. Les dirigeants haïtiens, ainsi que certaines organisations, sont prêts à accepter tous les caprices des États-Unis. Ce n’est pas sans raison que la question vénézuélienne n’a pas trouvé d’écho en Haïti. Tous craignaient que le monstre ne les dévore. Ils gardent le silence pour ne pas perdre leurs visas, d’autres leurs cartes de citoyenneté, et même leurs prestations sociales. Ces choses sont devenues plus précieuses que la souveraineté et la dignité d’Haïti. À quel point sommes-nous tombés ?
En dépit de la terreur instaurée, cet ennemi irréductible viendra quand même nous chercher, peu importe où nous sommes, les travailleurs sont sa principale cible. Tout le monde a peur ! Même une pétition lancée par le journal Haïti Liberté pour exprimer la solidarité haïtienne avec le Venezuela est une épreuve. Il faut supplier ou implorer les gens de la signer, certains se font du marronnage, car ils ont peur. Ils n’ont aucune conviction ferme à défendre l’honneur de leur patrie voir un pays frère sorti de la matrice de la révolution haïtienne de 1804. Être « amis » ou « alliés » de l’empire américain signifie pour lui, que vous devez obéir à ses ordres, à ses diktats. Par exemple, ne pas avoir de relations ni avec la Russie, ni avec la Chine ; il fut un temps où la République d’Haïti n’avait même pas de relations diplomatiques avec Cuba.
C’est grâce au vote d’Haïti que l’OEA a expulsé Cuba de son sein. Même lorsque nous entretenons des relations avec Cuba et le Venezuela, c’est symbolique et même insignifiant, car Haïti n’a jamais rendu la pareille politique. Que vous soyez amis ou ennemis du grand ennemi du genre humain, votre avenir ne devrait pas dépendre de la bonne conscience ou de la moralité d’un tyran aux États-Unis. De nombreux pays, comme Cuba, le Vietnam, le Venezuela, le Niger, le Burkina Faso, le Mali, résistent à cette force des ténèbres, alors où se tient la lutte du peuple haïtien dans le décor ? Maudissez le diable, il vous dévorera !
Ne le maudissez pas, et il vous dévorera encore plus férocement ! Alors, nous n’avons pas d’autre choix que de le maudire afin d’éviter d’être un terrain de manœuvres, bases de surveillance et d’agression impérialistes comme la République dominicaine. Le peuple haïtien doit continuer sa lutte de libération nationale contre les hordes barbares impérialistes, de façon à montrer par son propre exemple les vérités et les consignes des opprimés comme l’a fort bien dit le héros national cubain José Marti « c’est l’heure des brasiers, et l’on ne doit regarder que vers la lumière. »













