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Pacte colonial ou pacte national ?

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Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé ne peut pas regarder son chef le chargé d’Affaires américain Henry T. Wooster dans les yeux

Le lundi 23 février 2026, juste après une réunion du Conseil des ministres du gouvernement de facto mis en place par les États-Unis d’Amérique, la présentation officielle du Pacte colonial, ou Pacte national pour la stabilité et l’organisation d’élections, a eu lieu à la Villa d’accueil.

Ce qui rend ce pacte non pas national, mais plutôt colonial, c’est la manifestation des desseins désastreux du projet de l’impérialisme américain dans le pays. C’est la continuité de l’acte indécent arrogant et grossier de l’impérialisme le 7 février 2026 dernier. Son Conseil présidentiel de Transition n’a fait que des zéros partout, maintenant pour se racheter et continuer sa domination, il projette un quatrième accord de la classe politique et de la société civile pour partager le pouvoir et sauvegarder ses intérêts.

La disposition des participants, et notamment la présence d’un grand nombre de représentants diplomatiques assis au premier rang, est très significative. Le message est clair : C’est une initiative haïtienne, certes, mais sous l’égide du triumvirat impérialistes sous la direction de chef de file l’impérialisme américain.

La présentation du pacte colonial au Villa d’accueil

Parmi les invités à cette cérémonie s’y trouvaient le Chargé d’Affaires des États-Unis, du Mexique, du Canada et de la France, ainsi que le représentant spécial des Nations Unies et le chef du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), et d’autres missions diplomatiques accréditées dans le pays.

Alors que les ministres ont été envoyés dans un coin du bâtiment car ils n’ont aucune importance pour le moment. Même quand on prétend c’est le Conseil des ministres dirigé par Alix Didier Fils-Aimé qui assure l’intérim depuis le 7 février 2026, à la suite de la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition, la plupart d’entre eux vont perdre leur poste suite au partage du gâteau avec les partis politiques qui ont signé, à l’hôtel Ritz Kinam 2, le pacte colonial les samedi 21 et 22 février 2026, entre le Premier ministre, la classe politique moribonde et les organisations de la société civile.

Ce pacte vise à légitimer la métropole pour qu’elle puisse conserver son pion : le Premier ministre Alix Didier Fils Aimé, conformément aux termes du pacte, jusqu’à la tenue d’élections pour placer un autre pantin au pouvoir de manière à ce que rien ne change, le système corrompu continue à servir les intérêts des colonisateurs.

Maryse Narcisse de Fanmi Lavalas et Jerry Tardieu du parti En Avant

Du côté de la classe politique haïtienne, plusieurs personnalités ont répondu à l’invitation, notamment Claude Joseph des « Engagés pour le développement » (EDE), Jerry Tardieu d’« En Avant », Maryse Narcisse de « Fanmi Lavalas », PHTK, OPL, En Avant, Congrès Patriotique, ASE, Espace de Réflexion 21 Décembre entre autres. De nombreux politiciens sont finalement sortis de leur trou pour afficher leur solidarité avec le pion américain en la personne de Didier Fils-Aimé. Sous prétexte que le pays ne peut plus continuer ainsi, mais leur vrai mobile reste leur part dans le partage de gâteau qui sera lieu sous peu à travers les ministères. Le grand et le vrai absent est le peuple dans sa majorité.

Le Premier ministre a profité de l’occasion pour railler les politiciens corrompus et avides. Dans son discours, il a déclaré : dans le contexte actuel, c’est la première fois que ces gens faisaient un geste aussi « digne et grand » pour Haïti. Il réfère au pacte signé par certains partis et organisations politiques. Selon Fils-Aimé, le texte du pacte est le fruit de plusieurs jours de consultation et reflète la volonté d’acteurs politiques qui affirment croire en « l’unité, la paix, la sécurité et la stabilité ». Pour lui, l’importance de la décision prise ne fait aucun doute ; c’est la première fois que des hommes politiques acceptent, « sans calcul », de placer l’intérêt supérieur de la nation au-dessus des considérations partisanes.

L’assistance à la présentation du Pacte colonial

Est-ce que les Haïtiens craignent désormais les masques de mardi gras ? Depuis quand un pacte peut-il garantir le bon déroulement d’une élection dans le pays? Oublions-nous  déjà, ce vieux principe des classes bourgeoises et réactionnaires : la constitution n’est que du papier, la baïonnette est de fer.

Dans son discours de circonstance, Alix Didier a profité d’étaler tous les mensonges qu’il peut. Sans aucune honte, il évoqua par cet acte la responsabilité des autorités envers la population en général, envers des groupes spécifiques tels que la jeunesse, la diaspora, les femmes, notamment les madan Sara, les habitants des quartiers défavorisés, les agriculteurs et les entrepreneurs. Pour duper le peuple, il annonce que tous ces catégories attendent un cadre politique et sécuritaire plus prévisible pour pouvoir envisager l’avenir avec davantage de confiance. Belle parole sans fondement !

Des Ambassadeurs accrédités auprès du pays

Pour aider le Premier ministre dans ses tas de mensonges, Carlos Ruiz Massieu, représentant du secrétaire général de l’ONU en Haïti Carlos Ruiz Massieu, « cet engagement commun doit se traduire rapidement en actions concrètes au service du peuple haïtien ». Il poursuit que « Les Nations Unies saluent cet engagement. Nous restons pleinement engagés aux côtés d’Haïti. Notre rôle est d’appuyer, de faciliter et d’accompagner les efforts nationaux. La responsabilité première est entre les mains des Haïtiennes et des Haïtiens ».

Il est triste de constater que certains Haïtiens disent avoir « le sang de Dessalines dans leurs veines » et qu’ils attendent de l’impérialisme américain, leur ennemi juré, qu’il vienne à leur secours. Quelle aberration, c’est du pur mensonge ! Quand comprendront-ils donc que le problème du pays est causé par les impérialistes eux-mêmes ? Si le peuple souffre, c’est à cause de ces mêmes puissances qui l’exploitent et le tourmentent, avec la complicité de leurs nombreux agents infiltrés dans les affaires du pays.

D’Ariel Henry à Alix-Didier Fils-Aimé, en passant par Gary Conille, c’est toujours le même poisson dans le ragoût impérialiste.

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